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Puis-je arriver plus tard au travail le jour de la rentrée scolaire ?

Aucun texte national ne garantit à un agent territorial d’arriver plus tard le jour de la rentrée. Votre collectivité peut l’autoriser, et beaucoup le font, mais elle peut aussi refuser pour nécessités de service, et les heures sont le plus souvent à récupérer. Voici ce qui s’applique demain matin, et ce qui change au 1er janvier prochain.
Ce que prévoient les textes
La règle tient en une phrase : un aménagement des horaires peut être accordé le jour de la rentrée aux agents ayant un enfant scolarisé, jusqu’à son entrée en sixième. Elle figure dans une circulaire du 7 août 2008, qui vise les agents de l’État. Dans la territoriale, elle sert de référence mais ne s’impose pas : c’est votre collectivité qui décide, et nous y revenons plus bas.
Trois mots comptent dans cette phrase, et ce sont ceux qu’on oublie : peut être accordé. Il ne s’agit pas d’une autorisation d’absence de droit, comme celle pour un décès ou un mariage. C’est une facilité d’horaires accordée sous réserve des nécessités de service. Votre employeur a donc le droit de dire non, à condition de le motiver par le fonctionnement du service.
Et ce n’est pas du temps offert
Deuxième point que beaucoup découvrent après coup : les heures ainsi décalées sont en général à récupérer. Il ne s’agit pas d’une absence rémunérée sans contrepartie, mais d’un décalage d’horaire. Vous arrivez à 9 h 30 au lieu de 8 h, et vous reprenez cette heure et demie plus tard dans la semaine ou dans le mois.
Certaines collectivités sont plus généreuses et n’exigent aucune récupération. D’autres accordent une heure, d’autres une demi-journée. Rien ne l’impose au niveau national.
Dans la territoriale, tout dépend de votre collectivité
C’est la particularité de notre versant de la fonction publique. Les textes cités plus haut s’appliquent d’abord aux agents de l’État. Dans la territoriale, les autorisations d’absence et les facilités horaires relèvent de votre collectivité, qui les fixe par délibération après avis du comité social territorial.
Conséquence directe : ce que votre voisin obtient dans la commune d’à côté ne vous est pas automatiquement dû. Le bon réflexe est d’aller lire le règlement intérieur ou le protocole sur le temps de travail de votre employeur. S’il ne prévoit rien, c’est un sujet à porter au comité social territorial, et c’est exactement notre rôle.
Ce qui change au 1er janvier 2027
Un décret du 6 juillet 2026 vient de refondre l’ensemble des autorisations d’absence et des aménagements horaires liés à la parentalité. Il inscrit noir sur blanc l’aménagement d’horaires pour la rentrée scolaire, pour les enfants inscrits en maternelle ou en élémentaire.
Trois précisions avant de vous en réjouir. D’abord, ce décret n’entre en vigueur qu’au 1er janvier 2027 : il ne s’applique pas à la rentrée de cette semaine. Ensuite, il maintient le principe d’un aménagement soumis à l’autorisation de l’employeur, avec report des heures. Il clarifie, il ne crée pas un droit opposable.
Enfin, un détail qui n’en est pas un et que nous surveillerons. La circulaire de 2008 vise les enfants jusqu’à l’entrée en sixième. Le décret de 2026, lui, ne parle que des enfants inscrits en maternelle ou en élémentaire. Lu strictement, cela exclurait les parents d’enfants entrant au collège, qui en bénéficient aujourd’hui dans plusieurs collectivités. Ce n’est pas une amélioration pour tout le monde, et nous le ferons remarquer.
Comment s’y prendre concrètement
Quelques réflexes simples pour éviter les mauvaises surprises :
- Si vous n’avez rien demandé et que la rentrée est demain, envoyez aujourd’hui un courriel à votre responsable, avec les ressources humaines en copie. Mieux vaut une demande tardive qu’aucune trace.
- N’arrivez pas plus tard sans accord. Sans autorisation écrite, une arrivée décalée reste un retard, avec ce que cela peut entraîner.
- Demandez qu’on vous précise si les heures sont à récupérer, et sous quel délai.
- Vérifiez ce que dit votre règlement intérieur avant de formuler la demande : vous saurez si vous demandez une faveur ou si vous rappelez une règle.
- En cas de refus, demandez qu’il soit motivé. Un refus fondé sur les nécessités de service se discute, un refus de principe est plus fragile.
Et pour celles et ceux qui font la rentrée des autres ?
Il faut bien mesurer l’ironie de la situation. Les ATSEM, les ATTEE, les agents de restauration et d’entretien scolaire sont, par définition, indispensables le jour de la rentrée. Ce sont eux qui accueillent les enfants des autres, qui ont préparé les locaux pendant une semaine, et qui ne peuvent matériellement pas s’absenter ce matin-là.
Pour ces collègues, la facilité horaire du jour de la rentrée est théorique : leur présence est indispensable ce matin-là, et c’est difficilement contestable. Raison de plus pour obtenir une contrepartie ailleurs, et une vraie : un aménagement sur un autre jour, une souplesse d’horaires dans la semaine, ou une récupération. Cela se négocie collectivement et s’inscrit dans le règlement intérieur, ce n’est pas une faveur à quémander au cas par cas.
C’est le genre de sujet que nous portons dans les instances. Si dans votre collectivité les agents des écoles n’ont accès à aucune contrepartie, dites-le nous.
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Ce que nous en retenons
Accompagner son enfant le jour de la rentrée n’est pas un caprice. Dans la plupart des services, l’organiser demande un peu d’anticipation, rien de plus. Que cela dépende encore, en 2026, des règles propres à chaque collectivité en dit long sur le chemin qu’il reste à faire.
Le décret de juillet dernier va dans le bon sens en posant une base commune. Il reviendra ensuite à chaque collectivité de faire mieux que le minimum, et c’est là que se joue le rapport de forces local.