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Arrêts maladie des territoriaux : avant 50 ans, ils s’arrêtent moins que dans le privé

Les agents territoriaux s’absentent en moyenne 12,7 jours par an pour raison de santé, contre 10,6 jours dans le privé. De quoi alimenter le discours sur les fonctionnaires « trop souvent malades » ? Le détail du rapport annuel sur l’état de la fonction publique, publié le 15 octobre 2026, dit tout autre chose.
Le chiffre que l’on vous ressortira
Le rapport de la direction générale de la fonction publique estime, à partir de la grande enquête Emploi de l’Insee, le nombre de jours d’absence pour maladie ou accident du travail en 2025. Dans la territoriale, la moyenne est de 12,7 jours par agent. C’est plus qu’à l’État (9 jours hors enseignants) et plus que dans le privé (10,6 jours).
Ce chiffre, vous l’entendrez peut-être dans la bouche d’un élu ou d’un directeur. Il est souvent présenté comme la preuve d’un problème d’« absentéisme ». Il faut le regarder de plus près.
Avant 50 ans, les territoriaux s’arrêtent moins que dans le privé
Le rapport découpe les absences par âge. Et le tableau change complètement. Les territoriaux de moins de 30 ans sont absents 3,5 jours par an, contre 8,1 jours pour les jeunes salariés du privé. Entre 30 et 49 ans, c’est 8,8 jours dans la territoriale, contre 9,7 jours dans le privé.
Jusqu’à 50 ans, l’agent territorial s’arrête donc moins que le salarié du privé. Tout bascule ensuite. Après 50 ans, les territoriaux sont absents 18,3 jours par an, contre 13,4 jours dans le privé.
Or la territoriale est la fonction publique la plus âgée : 44 % de ses agents ont 50 ans ou plus. Ce sont eux qui font monter la moyenne.
Ce que le rapport dit des causes
Le rapport ne parle pas de paresse. Il explique que les absences plus nombreuses dans la territoriale et à l’hôpital tiennent en partie aux métiers exercés : contraintes physiques, horaires décalés, risques psychosociaux. Dans la territoriale, 38 % des agents déclarent subir au moins trois contraintes physiques, comme porter des charges, rester debout longtemps ou faire des gestes répétés.
Les femmes sont aussi plus souvent absentes (13,3 jours dans la territoriale, contre 11,6 pour les hommes). Elles occupent une grande partie des métiers les plus usants : entretien, écoles, aide à domicile, petite enfance.
Autre point rarement cité : la durée d’absence baisse dans la territoriale. Elle a reculé de 0,6 jour entre 2024 et 2025.
Ce qui pèse déjà sur votre paie
Être malade coûte déjà cher à un fonctionnaire. Le premier jour d’arrêt n’est pas payé, sauf exceptions : c’est le jour de carence. Et depuis le 1er mars 2025, pendant les trois premiers mois d’un congé de maladie ordinaire, votre traitement n’est plus versé qu’à 90 %. L’indemnité de résidence et le supplément familial restent versés en entier. Pour les primes, tout dépend de la délibération de votre collectivité. Pour un agent de catégorie C, chaque jour d’arrêt pèse lourd sur le budget du mois.
Notre lecture
Ce rapport officiel démonte un cliché. Le jeune territorial ne s’arrête pas plus que son voisin du privé, au contraire. L’écart se concentre après 50 ans, dans une fonction publique où beaucoup de métiers sont physiques. Pour nous, c’est le signe d’une usure professionnelle qu’on laisse s’installer, sur des postes rarement aménagés.
Si votre collectivité vous parle d’absentéisme, demandez-lui ses chiffres par âge et par métier. Et demandez-lui ce qu’elle fait pour aménager les postes, prévenir l’usure et organiser des secondes carrières. Punir les malades n’a jamais soigné personne.