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Gel du point d’indice : une majorité de Français s’y oppose

Le gouvernement maintient le gel du point d’indice pour 2027. Mais cette mesure ne recueille pas l’adhésion d’une majorité : dans un sondage Elabe pour Les Échos, 56 % des personnes interrogées s’opposent à la non-revalorisation du point malgré l’inflation. La défense des salaires des fonctionnaires dépasse les rangs syndicaux.

56 % contre le gel, 43 % pour

Le sondage Elabe pour Les Échos, publié le 1er octobre, interroge les Français sur plusieurs mesures envisagées pour le budget 2027.

Concernant la non-revalorisation du point d’indice des fonctionnaires malgré l’inflation, 56 % des personnes interrogées se déclarent opposées, 43 % favorables et 1 % ne répondent pas.

L’enquête a été réalisée en ligne les 29 et 30 septembre 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Source : rapport Elabe pour Les Échos, pages 2 et 10.

Ce résultat mérite d’être entendu. Les agents publics qui réclament une revalorisation de leur salaire ne portent pas une exigence isolée du reste de la société.

Réduire les dépenses ne signifie pas accepter de geler les salaires

Le même sondage montre que 61 % des personnes interrogées privilégient la baisse des dépenses publiques pour réduire le déficit, contre 7 % qui privilégient la hausse des impôts et des taxes. Pourtant, le gel du point est majoritairement rejeté. Source : Elabe, « Les Français et le budget 2027 ».

Les deux résultats ne se contredisent pas. On peut souhaiter réduire certaines dépenses sans accepter que les économies reposent sur la rémunération des personnels.

Pour la FSU Territoriale du Pas-de-Calais, parler de dépenses publiques impose de parler aussi de ce qu’elles permettent : accueillir les enfants, entretenir les collèges et les routes, accompagner les personnes âgées ou handicapées, assurer la restauration scolaire, faire vivre les bibliothèques et les équipements sportifs.

Derrière une ligne budgétaire, il y a des missions, des agents et des habitants qui ont besoin du service rendu. Une politique salariale doit tenir compte de cette réalité.

Le gel du point touche les agents tout au long de leur carrière

Le point d’indice sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires. Sa valeur et le nombre de points détenus par l’agent sont deux choses différentes.

Un passage d’échelon peut augmenter le nombre de points. Il reconnaît une progression dans la carrière. Il ne garantit pas, à lui seul, le maintien du pouvoir d’achat face à la hausse des prix.

Lorsque les dépenses quotidiennes augmentent, les agents doivent continuer à payer leur logement, leurs déplacements et leurs courses. L’avancement ne devrait pas servir à compenser l’érosion du salaire : il devrait reconnaître l’expérience acquise.

En bas des grilles, la situation est encore plus absurde : l’indemnité différentielle peut neutraliser la hausse du brut, tandis que les cotisations augmentent. C’est le mécanisme détaillé dans notre article « Quinze ans d’ancienneté pour gagner moins que le collègue qui vient d’arriver ».

C’est aussi pourquoi des mesures limitées aux premiers échelons ne répondent pas à l’ensemble du problème. Nous avons examiné les changements de grilles et de salaires envisagés pour 2027. Les agents en milieu ou en fin de carrière ont eux aussi besoin d’une rémunération qui conserve sa valeur.

Un sondage utile, sans lui faire dire davantage

Ce résultat ne signifie pas que 56 % des Français approuvent toutes les revendications syndicales. La question portait sur une mesure précise : ne pas revaloriser le point malgré l’inflation. Elle ne demandait ni le montant d’une hausse souhaitée, ni l’avis sur une refonte des grilles.

Mais il permet d’affirmer une chose : le maintien du gel ne bénéficie pas d’un soutien majoritaire dans cette enquête.

Pour notre organisation, ce constat renforce la nécessité de porter le débat publiquement. La rémunération des agents concerne aussi les usagers : reconnaître les métiers et permettre de véritables carrières contribue à recruter, à conserver les personnels et à assurer la continuité des services.

Nos salaires ne doivent pas servir de variable d’ajustement

La FSU Territoriale du Pas-de-Calais demande une revalorisation immédiate du point d’indice, un rattrapage des pertes de pouvoir d’achat et son indexation sur les prix.

Nous demandons également une reconstruction des grilles, avec des débuts de carrière nettement au-dessus du SMIC et des écarts qui reconnaissent réellement l’ancienneté, les qualifications et les responsabilités.

Défendre ces revendications suppose de continuer à informer les agents, à expliquer les mécanismes de rémunération et à construire la mobilisation collective.

Les choix budgétaires du gouvernement ne doivent pas condamner les agents à choisir entre poursuivre leur carrière dans le service public et préserver leur niveau de vie.

Pour porter ces exigences avec nous, rejoignez la FSU Territoriale 62. Pour une question sur votre rémunération ou votre carrière, contactez-nous.