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Famille d’accueil en plus de votre poste : c’est possible depuis le 31 octobre, pour un seul enfant

Depuis le 31 octobre 2026, un agent public peut devenir assistant familial, c’est-à-dire famille d’accueil, sans quitter son poste. Il lui faut l’accord écrit de son employeur, et il ne peut accueillir qu’un seul enfant ou jeune de moins de 21 ans. Le manque de familles d’accueil est réel. Mais on ne le comblera pas en demandant un second travail à des agents déjà sous tension.

Ce que le décret vous ouvre

Jusqu’ici, ce métier ne pouvait pas être autorisé en plus d’un emploi public à temps plein. Le décret du 28 octobre 2026, paru au Journal officiel du 30 octobre, l’ajoute à la liste des activités accessoires, celles qu’on peut exercer à côté de son poste. Fonctionnaires et contractuels sont concernés.

Vous ne pourrez accueillir qu’un seul mineur ou jeune majeur de moins de 21 ans, en âge d’aller à l’école, étudiant ou en emploi. Pour le reste, le métier n’a pas de version allégée. Il faut l’agrément du président du conseil départemental, un contrat de travail avec un second employeur, le plus souvent le département ou une association, un stage de 100 heures avant le premier accueil, puis en principe 420 heures de formation dans les trois ans qui suivent ce contrat. Le décret ne dit pas sur quel temps les suivre.

Le texte touche aussi les assistants familiaux déjà employés par une collectivité : pour exercer une autre activité, ils relèvent désormais des règles de cumul d’activités des agents publics.

Sans réponse écrite, c’est non

Écrivez à votre employeur avant de signer votre contrat d’assistant familial. Il a un mois pour répondre, deux si vous relevez de plusieurs employeurs publics. S’il ne répond pas, votre demande est refusée. Notre page sur l’activité accessoire donne un modèle de lettre et explique comment contester un refus.

L’accord ne vous met pas à l’abri. L’activité doit se faire en dehors de vos heures de service, et le décret ne prévoit aucun aménagement de votre temps de travail. Votre employeur peut aussi s’opposer à la poursuite du cumul si l’intérêt du service le justifie. Au bout de cette décision, il y aurait un enfant à qui l’on demande de changer encore de maison.

Un enfant malade un mardi matin, et vous êtes attendu au travail

La loi parle d’un accueil « de façon permanente ». Même avec un seul enfant, c’est beaucoup de temps et de souplesse. Il se réveille malade et ne peut pas aller à l’école : le décret ne prévoit ni congé ni autorisation d’absence pour ce cas. Vos jours « garde d’enfant malade » valent-ils pour un enfant confié ? Faites-le vérifier par votre employeur avant de vous engager.

Les vacances scolaires durent environ seize semaines par an, et vos congés cinq, plus vos éventuels jours de réduction du temps de travail. Les rendez-vous médicaux, les rencontres avec les éducateurs et les réunions sur le projet de l’enfant tombent souvent en journée.

En pratique : avant d’écrire à votre employeur, demandez au service d’accueil familial comment il gère un enfant malade, les vacances et les réunions en journée. Le contrat d’accueil doit dire qui vous remplace à la maison. Si la réponse tient à la bonne volonté de votre conjoint, c’est fragile.

Des familles d’accueil, oui, mais avec un vrai statut

Que des agents aient envie d’accueillir un enfant, c’est une bonne nouvelle. Ce qui ne passe pas, c’est la méthode. Selon ASH, toutes les fédérations syndicales ont rejeté le projet le 15 octobre au Conseil commun de la fonction publique, où employeurs et syndicats donnent leur avis sur les textes. Une nouvelle version devait y revenir le 4 novembre. Le gouvernement n’a pas attendu.

Sa réponse ne soigne pas la cause du manque : un métier mal reconnu, exercé sous contrat, dont la paie dépend du nombre d’enfants confiés. Le 12 mars 2025, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale a pourtant proposé un cadre d’emplois de catégorie B. La FSU Territoriale revendique un nouveau statut des assistants familiaux, plus protecteur, mieux rémunéré, fondé sur leur titularisation. Ass-fam.org détaille le décret, et la CASAMAAF 62 explique pourquoi ce métier n’a rien d’accessoire.

On trouvera des familles d’accueil en reconnaissant ce métier, pas en le rangeant parmi les activités d’appoint.