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Smicardisation de la FPT : 700 000 agents rattrapés par le SMIC et le CSFPT réclame le passage en catégorie B pour les ATSEM et agents de maîtrise !

C’est un phénomène qui ronge le statut et désespère les agents territoriaux au quotidien : la smicardisation massive de la catégorie C. Avec les hausses successives du SMIC et le gel persistant du point d’indice, 700 000 agents sont désormais rattrapés par le salaire minimum. Dans son rapport flash adopté à l’unanimité le 16 septembre 2026, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) réclame une refonte d’urgence des grilles et pose une revendication historique : le passage en catégorie B pour les ATSEM et les agents de maîtrise !
Dans nos écoles, sur nos routes, dans nos collèges, dans les crèches et au sein des services techniques et administratifs, la catégorie C représente près de 75 % des effectifs de la territoriale. Ce sont ces collègues qui font tourner le service public au plus près des usagers. Pourtant, leur dévouement se heurte à une réalité salariale brutale : des grilles indiciaires totalement écrasées par le bas, où l’ancienneté, les responsabilités et les qualifications ne sont plus reconnues.
L’effet ciseau : 700 000 agents territoriaux rattrapés par le SMIC
Les chiffres officiels compilés par le rapport du CSFPT mettent en lumière une dégradation vertigineuse de nos carrières au cours de l’année 2026 :
- Au 1er janvier 2026 : Une première revalorisation du SMIC de 1,18 % a fait basculer plus de 356 000 fonctionnaires en dessous du salaire minimum, absorbant les cinq premiers échelons de l’échelle C1 et les trois premiers de l’échelle C2.
- Au 1er juin 2026 : En raison de la flambée des prix et de l’inflation sur l’énergie (+2,2 % en avril), le SMIC a augmenté automatiquement de 2,41 %. Faute de revalorisation générale du point d’indice, le couperet est tombé : environ 700 000 agents territoriaux se retrouvent rattrapés !
- Des grilles entières englouties : Sont désormais au SMIC ou à un niveau quasi-identique l’intégralité des échelons 1 à 10 de la grille C1 (soit la quasi-totalité de la carrière du premier grade !), les 7 premiers échelons de C2, et les 3 premiers échelons de C3.
- La catégorie B et la catégorie A aspirées : Le tassement déborde désormais sur les cadres intermédiaires. Les 5 premiers échelons du grade B1 et les 2 premiers de B2 sont touchés. Pire : un attaché territorial au 1er échelon ne perçoit plus que 77 € bruts de plus que le SMIC, contre 1,35 fois le SMIC en 2000 !
L’arnaque de « l’indemnité différentielle » : un piège pour votre retraite
Pour respecter l’obligation légale de rémunérer les agents au moins au SMIC sans toucher à la valeur du point d’indice, l’État impose le versement d’une indemnité différentielle ou l’attribution artificielle de points d’indice d’urgence.
Mais cette rustine est une imposture aux conséquences désastreuses :
- Zéro droit pour votre future pension : L’indemnité différentielle ne donne lieu à aucune cotisation retraite à la CNRACL. Elle ne génère aucun droit à pension. Un agent qui passe 10 ou 15 ans au SMIC via cette indemnité cotise sur une base indiciaire rabotée et touchera une retraite de misère.
- Le passage d’échelon ne rapporte plus rien : C’est la « trappe à bas salaires ». Lorsqu’un agent monte d’échelon après plusieurs années d’efforts, son gain indiciaire brut est automatiquement absorbé par la diminution de son indemnité différentielle. Résultat : le salaire net sur la feuille de paie ne bouge pratiquement pas !
- Annihilation de la hiérarchie professionnelle : Un agent débutant sans ancienneté et un collègue titulaire avec 12 ans de service touchent désormais exactement le même traitement. Quelle reconnaissance pour l’expérience et le savoir-faire acquis ?
La revendication phare : passer les ATSEM et agents de maîtrise en catégorie B !
C’est l’avancée majeure portée par le rapport du CSFPT et votée à l’unanimité absolue le 16 septembre 2026 : le collège employeurs et le collège syndical demandent officiellement d’étudier sans attendre le reclassement en catégorie B de plusieurs cadres d’emplois emblématiques de la catégorie C :
- Les ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles) : Dont le niveau de qualification, les responsabilités éducatives et sanitaires auprès des tout-petits et la pénibilité physique justifient depuis longtemps la reconnaissance en catégorie B.
- Les agents de maîtrise territoriaux : Qui encadrent quotidiennement les équipes techniques sur les chantiers, dans les ateliers municipaux et les collèges, sans que leur rôle de chef d’équipe ne soit rémunéré à sa juste valeur.
- Les policiers municipaux et sous-officiers de sapeurs-pompiers : Soumis à des sujétions opérationnelles et sécuritaires croissantes.
Au-delà de ces reclassements ciblés, le CSFPT exige du gouvernement :
- La refonte intégrale des grilles de catégorie C : Avec des indices de début de carrière nettement supérieurs au SMIC et des écarts indiciaires réels et motivants d’un échelon à l’autre.
- L’ajout d’échelons terminaux : Pour éviter que les collègues n’atteignent le plafond de leur grade 10 ou 15 ans avant l’âge de départ en retraite.
- Le rétablissement des bonifications d’ancienneté : Pour accélérer l’avancement d’échelon, sur le modèle récemment accordé aux secrétaires de mairie.
- L’augmentation des ratios d’avancement de grade : En finir avec les taux de promotion bloqués à 20 ou 30 % dans les collectivités qui freinent les passages au grade supérieur.
Ce que nous exigeons à la FSU Territoriale 62
Pour la FSU Territoriale du Pas-de-Calais, la situation des agents de catégorie C est devenue intolérable. Dans un département frappé par la précarité et le coût de la vie, nos collègues ne peuvent plus être la variable d’ajustement budgétaire des gouvernements successifs.
Dès aujourd’hui, nous portons ces revendications dans toutes les instances locales (CST et CAP) :
- Reconnaissance immédiate de nos métiers : Le passage en catégorie B des ATSEM et des agents de maîtrise doit devenir une réalité statutaire nationale sans délai.
- Application du taux maximum pour les promotions : Nous demandons aux maires, aux présidents d’EPCI et au président du Conseil Départemental 62 de porter les ratios promus/promouvables à 100 % pour débloquer les carrières en C2 et C3.
- Un socle indemnitaire (IFSE) plancher : Pour tous les agents de catégorie C, afin de compenser immédiatement la perte de pouvoir d’achat dans l’attente de la refonte des grilles.
Vérifiez vos droits et votre déroulement de carrière
Pour savoir exactement où vous en êtes dans votre grille et repérer les éventuelles anomalies sur votre fiche de paie :
- Consultez votre grille indiciaire : Retrouvez les indices et traitements réels sur notre grille indiciaire de catégorie C et notre grille indiciaire de catégorie B.
- Simulez votre avancement : Découvrez quand vous changez d’échelon et combien vous devriez gagner grâce à notre dossier sur l’avancement d’échelon dans la FPT.
- Passez votre bulletin au crible : Utilisez notre outil sécurisé Vérificateur de paie FSU pour contrôler l’indemnité différentielle et le RIFSEEP.
- Pour les collègues des écoles et collèges : Vérifiez vos 1 607 heures avec le Vérificateur de planning ATSEM et le Vérificateur de planning ATTEE.
- Faites entendre votre voix : Rejoignez le syndicat de terrain qui défend activement la catégorie C en adhérant à la FSU Territoriale 62 ou en contactant notre équipe.
Sources officielles
- Rapport du CSFPT : « Les rémunérations des agents territoriaux : L’urgence de l’action ! », séance plénière du 16 septembre 2026.
- Décret n° 2016-596 du 12 mai 2016 modifié relatif à l’organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C.
- Insee Première n° 1996 : Salaires et pouvoir d’achat dans la fonction publique territoriale.