FSU Territoriale 62
Ce que Ma Paie en Clair vérifie sur votre bulletin, et ce qu’il ne vérifie pas
Ma Paie en Clair relit certaines lignes de votre bulletin et refait certains calculs. Il ne juge pas tout le bulletin. Cette page dit lesquelles, pour que vous sachiez à quoi vous attendre avant de déposer le vôtre.
Il s’adresse aux agents de la fonction publique territoriale. C’est le vérificateur de paie de la FSU.
Ce que l’outil recalcule
Une intelligence artificielle lit votre bulletin : elle relève les lignes et les montants. Les calculs sont faits ensuite par le programme de l’outil.
Il applique les règles en vigueur le mois de votre bulletin. La valeur du point et les grilles viennent des grilles du site.
Voici les quatorze contrôles possibles. Ils ne sont pas systématiques : chacun demande que les informations utiles aient été lues. Selon le contrôle, l’outil tolère un ou deux centimes de différence.
- Indices brut et majoré. L’outil compare les indices lus à ceux de la grille, pour votre grade et votre échelon, à la date du bulletin. Si la grille n’est pas retrouvée, il vérifie seulement que les deux indices vont ensemble.
- Traitement de base. Il compare les lignes de traitement lues à l’indice majoré multiplié par la valeur du point, en proportion du temps de travail. Il ne conclut pas en cas de rappel ou de régularisation, ni quand un arrêt maladie réduit le traitement.
- Indemnité différentielle. Elle concerne un traitement sous le SMIC. Il compare la ligne lue au complément calculé avec les grilles du site. Il faut un mois complet, sans rappel, un traitement qui correspond et un bulletin de moins de six mois. Un désaccord est rangé dans les points à vérifier, pas dans les écarts possibles.
- Taux de la retenue CNRACL. Il compare le taux lu au taux national du mois. Ce contrôle ne concerne que les fonctionnaires affiliés à la CNRACL.
- Montant de la retenue CNRACL. Dans le cas le plus simple, il compare le montant au traitement et à la NBI, multipliés par le taux. Sinon, s’il n’y a qu’une seule ligne de retenue, il multiplie sa base imprimée par le taux national. La composition de cette base n’est pas contrôlée. Hors de ces deux cas, la retenue est seulement lue.
- CSG, CRDS et retraite additionnelle. Il multiplie la base imprimée par le taux légal. Il contrôle une seule ligne par type de cotisation, et seulement si sa base est imprimée. La base elle-même n’est pas recalculée. Un rappel ou une part de l’employeur ne sont pas contrôlés.
- Prélèvement à la source. Il multiplie la base imprimée par le taux imprimé, puis compare au montant retenu. Le taux lui-même n’est pas vérifié. Une restitution d’impôt ne donne pas de verdict.
- Net à payer. Il refait une soustraction : le net avant impôt moins l’impôt du mois. Ce contrôle dit « Correspond » ou ne dit rien. Une autre retenue après l’impôt peut en effet expliquer une différence.
- Nouvelle bonification indiciaire (NBI). Il multiplie les points imprimés par la valeur du point, en proportion du temps de travail. Sans points imprimés, il cherche un nombre de points qui donne le montant : c’est une « Explication probable ». Le droit à la NBI n’est pas vérifié.
- Supplément familial de traitement. Il compare le montant lu au barème pour un à huit enfants. Il écrit « Correspond » seulement si le nombre d’enfants est imprimé sur le bulletin et si le montant va avec. Sinon, il déduit le nombre d’enfants du montant et écrit « Explication probable ».
- Indemnité de résidence. Il compare le montant lu à 0 %, 1 % ou 3 % du traitement et de la NBI. Il retrouve ainsi un taux possible : la carte porte « Explication probable », jamais « Correspond ». Vous pouvez ensuite comparer ce taux à votre commune de travail, hors outre-mer.
- Complément de traitement indiciaire (CTI). Il compare le montant lu à 49 points multipliés par la valeur du point, en proportion du temps de travail. Cela vaut pour les bulletins à partir de décembre 2020. Le droit au CTI n’est pas vérifié.
- Heures supplémentaires. Il rapproche le montant du traitement, de la NBI et de l’indemnité de résidence, pour le nombre d’heures lu. Ce contrôle se fait à temps complet seulement. Au-delà de 25 heures dans le mois, il ne donne pas de verdict.
- Retenue pour absence (grève le plus souvent). Il multiplie la base de la ligne par les heures retenues, puis divise par les heures du mois. Il faut que la retenue soit comptée en heures. En jours, à temps partiel ou sur un rappel, il ne donne pas de verdict.
Un exemple de ce que cela donne
Camille est fonctionnaire à temps complet. Sur son bulletin, la CSG déductible a pour base 2 050,00 €. L’outil calcule 2 050,00 × 6,80 %, soit 139,40 €.
Si tous les contrôles faits correspondent, le rapport n’affiche aucun écart. Cela ne dit rien de son IFSE, de son échelon, ni de son taux d’impôt.
Si son bulletin retenait 141,20 € de CSG déductible, la carte des cotisations dirait « Écart possible », avec les deux montants. Ce serait un point à montrer à un délégué FSU, pas une erreur prouvée.
Ce qu’il lit et explique sans le contrôler
L’outil affiche ces éléments tels qu’il les a lus. Il ne les recalcule pas.
- Les totaux : le brut, le net avant impôt, le montant net social, la base et le taux de l’impôt. Le net à payer, le net imposable et le net social sont expliqués à part.
- Les primes décidées par votre collectivité : l’IFSE, le CIA et toute prime fixée par l’employeur. L’outil les marque « Lu, non vérifié ». Elles dépendent le plus souvent d’une délibération, qui est publique. Un délégué FSU peut vous aider à l’obtenir.
- Les lignes courantes : des explications rédigées par la FSU, sans vérification du montant. Pour aller plus loin, lisez la page comprendre son bulletin de paie.
- La mutuelle et la prévoyance : l’outil compare la participation de l’employeur au minimum national, soit 15 € et 7 € par mois. En dessous, il écrit « À vérifier ». Ce n’est pas un verdict, et votre propre cotisation n’est pas regardée.
- L’arrêt maladie : pour un fonctionnaire affilié à la CNRACL, l’outil cherche un nombre de jours qui explique les montants. Selon le cas, il écrit « Explication probable », « Plusieurs explications possibles » ou « À vérifier ». Les lignes d’arrêt elles-mêmes ne sont pas recalculées.
- Les lignes inconnues : seulement si vous cliquez, une intelligence artificielle propose une explication. Partent alors le nom de la ligne, son montant et le mois du bulletin, chez OpenAI ou Google Gemini. L’explication peut se tromper et ne vérifie pas le montant.
- Le relevé ligne par ligne : l’outil lit 40 lignes au plus. Sur un bulletin très long, les suivantes ne sont pas lues.
Le rapport propose aussi des estimations (coût d’une absence, échelon suivant, passage à temps partiel) et des repères tirés d’autres bulletins. Ils ne vérifient rien. Les aides de la CAF signalées sont à vérifier : l’outil n’ouvre aucun droit et n’en refuse aucun.
Ce qu’il ne fait pas
- Il ne dit pas si une prime fixée par votre collectivité, comme l’IFSE ou le CIA, est du bon montant.
- Il ne recalcule ni le brut, ni le net avant impôt, ni le net imposable, ni le montant net social.
- Il ne vérifie pas votre taux d’impôt, ni le choix de ce taux.
- Il ne connaît pas votre situation familiale réelle. Le nombre d’enfants est lu sur le bulletin ou déduit du montant. C’est à vous de confirmer.
- Il ne connaît pas vos fonctions réelles. Il ne dit pas si votre poste ouvre une NBI ou un CTI.
- Il part du grade et de l’échelon imprimés sur le bulletin. Il ne sait pas si cet échelon est le bon, ni depuis quand vous y êtes.
- Il ne conclut pas sur le traitement en cas de rappel, de régularisation, ou d’arrêt maladie qui le réduit.
- Il ne vérifie ni les heures supplémentaires à temps partiel ou à temps non complet, ni une retenue pour absence en jours.
- Il ne calcule rien sur un bulletin de l’État, de l’hôpital ou du secteur privé.
- Il ne garde pas d’historique : pas de compte, pas de rapport à retrouver plus tard.
Si vous êtes contractuel
Disons-le franchement : pour un agent contractuel, l’outil ne recalcule ni le salaire ni les cotisations. Le rapport s’appelle « Vérification limitée ».
Votre rémunération est fixée par votre contrat, pas par la grille d’un fonctionnaire. Aucun contrôle ne donne de verdict.
Il reste des explications sur les lignes reconnues. L’IFSE et le CIA sont lus, non vérifiés. La participation de l’employeur à la mutuelle et à la prévoyance est comparée au minimum national, à titre d’information.
Si vous répondez « Je ne sais pas » sur votre statut, les lignes sont affichées sans conclusion.
Comprendre les pastilles et les mots du rapport
Chaque carte du rapport porte une pastille. Voici les trois mots que vous verrez le plus souvent.
- « Correspond » : ce que la carte compare correspond au calcul de l’outil. Selon la carte, c’est un montant, un taux, ou deux indices qui vont ensemble. Lisez ce que la carte compare.
- « Écart possible » : le montant du bulletin ne correspond pas au calcul. Il peut s’agir d’une erreur, ou d’une situation particulière : temps partiel, absence non rémunérée, régularisation.
- « À vérifier » : l’outil ne tranche pas. Il ne peut dire ni que le point correspond, ni qu’il est faux.
Une pastille « Explication probable » veut dire que l’outil a trouvé une hypothèse, par exemple un nombre d’enfants ou un taux. C’est à vous de la confirmer.
D’autres pastilles disent pourquoi l’outil ne conclut pas. Cela ne veut pas dire que votre bulletin comporte une erreur.
Un écart n’est pas une erreur prouvée. « Correspond » ne veut pas dire que tout votre bulletin est juste : d’autres lignes peuvent rester sans contrôle.
En haut du résultat, trois nombres comptent des points de contrôle : « écarts possibles », « points justes », « points à vérifier ». Ils ne comptent ni les lignes de votre bulletin, ni toutes les cartes.
Lisez toujours les cartes elles-mêmes.
Ce qui part, ce qui reste chez vous
Vous déposez une ou deux pages, en photo, en image ou en PDF. Vous masquez vous-même vos données personnelles, sur votre appareil, avant tout envoi.
Pour l’analyse, seule l’image masquée part. Le serveur du site ne la sauvegarde pas. Elle est lue par Claude, le service d’intelligence artificielle d’Anthropic, et si besoin par le lecteur optique de Google, ou en secours par OpenAI ou Google Gemini.
Il n’y a ni compte, ni nom demandé. L’outil ne garantit pas un anonymat absolu : c’est à vous de vérifier que vos informations sont cachées.
L’outil contrôle que les zones tracées sont noires, pas ce que vous auriez oublié de masquer ailleurs.
Le détail est sur la page comment vos données sont-elles utilisées.
Les limites d’usage
À ce jour, un même navigateur peut lancer 3 analyses en 15 minutes, 5 en 24 heures et 15 en 30 jours. Ces limites peuvent évoluer.
Une analyse qui échoue peut compter aussi.
- Deux pages au plus par bulletin. Un bulletin de plus de 48 mois est refusé.
- L’indemnité différentielle, le chapitre « Demain » et l’estimation à temps partiel ne se font que sur un bulletin de moins de six mois.
- L’outil applique les règles de la fonction publique territoriale, et elles seules.
Une photo peut aussi être mal lue. Comparez toujours les montants lus avec ceux de votre bulletin. Si les chiffres sont différents, l’erreur vient de la lecture, pas de votre paie.
Une version bêta
L’outil est en version bêta : il est encore en test.
Ses informations sont indicatives. Elles ne remplacent ni le bulletin, ni les textes, ni un conseil juridique personnalisé.
Un montant vous semble mal lu, ou une explication fausse ? Le bas du rapport permet de nous le signaler.
Que faire d’un écart ?
Le premier geste est simple : montrez votre bulletin à un délégué FSU. Contactez la FSU Territoriale 62.
Le service de paie peut vous donner une explication. La FSU peut vous donner la règle. Et la règle n’est pas toujours bien appliquée.
Avant de conclure à une erreur, vérifiez que la lecture est bonne : comparez les montants lus avec votre bulletin.
Voyez aussi si une situation particulière explique l’écart : temps partiel, absence non payée, régularisation.
Le rapport propose un récapitulatif PDF, sans votre nom ni votre adresse. Montrez-le d’abord à un délégué FSU.
Les démarches et les délais sont sur la page erreur sur la fiche de paie dans la fonction publique.
Déposer votre bulletin
Vous pouvez essayer le vérificateur de paie Ma Paie en Clair. Les simulateurs sans intelligence artificielle restent disponibles à part.
Les agents du Département du Pas-de-Calais ont une version dédiée de l’outil : https://cd.fsut62.fr/verificateur-de-paie/.