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2 317 € nets par mois : pourquoi les territoriaux restent les moins bien payés de la fonction publique

2 317 euros nets par mois. C’est le salaire moyen d’un agent territorial en 2024, selon le rapport annuel sur l’état de la fonction publique publié le 15 octobre 2026. Un agent de l’État touche en moyenne 700 euros de plus, un agent de la fonction publique hospitalière près de 580 euros de plus. Le rapport explique d’où vient cet écart.
Les territoriaux, derniers de la classe
Le rapport de la direction générale de la fonction publique compare les salaires des trois fonctions publiques. Les chiffres sont calculés comme si chacun travaillait à temps plein toute l’année, pour pouvoir comparer.
Le résultat est connu, mais il fait toujours mal : 3 018 euros nets dans la fonction publique de l’État, 2 896 euros dans la fonction publique hospitalière, 2 317 euros chez nous.
Tout dépend aussi de l’employeur. Un agent de commune touche en moyenne 2 186 euros. Dans un centre communal d’action sociale ou une caisse des écoles, c’est 2 229 euros. On monte à 2 356 euros dans une communauté de communes ou d’agglomération, 2 451 euros dans une région et 2 528 euros dans un département. Les agents des services départementaux d’incendie et de secours, grâce à des primes propres, arrivent à 3 156 euros.
La faute à la catégorie C
Pourquoi un tel écart ? Le rapport le dit clairement : sept agents territoriaux sur dix sont en catégorie C. À l’État, c’est un sur cinq. Or la catégorie C, ce sont les grilles les plus basses, celles que le SMIC rattrape régulièrement.
La filière technique, la plus nombreuse de la territoriale avec 46 % des effectifs en équivalent temps plein, tourne à 2 167 euros nets en moyenne. La filière animation est tout en bas, à 1 949 euros. À l’autre bout, la filière administrative atteint 2 533 euros et la police municipale 2 857 euros.
Le détail par catégorie montre une chose intéressante. Un fonctionnaire territorial de catégorie A gagne en moyenne 3 604 euros nets, un peu plus que son homologue de l’État. Le problème n’est donc pas seulement le niveau des grilles. C’est que la territoriale emploie surtout des agents sur les grilles les plus basses, et qu’on ne les fait pas monter.
Même en catégorie C, moins de primes
En catégorie C, le territorial reste perdant. Un fonctionnaire de catégorie C touche en moyenne 2 266 euros nets à l’État, 2 148 euros à l’hôpital et 2 125 euros dans la territoriale. Les primes y sont pour beaucoup : avec l’indemnité de résidence et le supplément familial, elles pèsent 27 % du salaire brut d’un agent C de l’État, contre 23,3 % dans la territoriale.
Ces primes, c’est votre collectivité qui les fixe, par une délibération de son conseil. Rien ne l’oblige à verser autant que l’État. Mais elle peut aller plus haut qu’elle ne le fait, dans la limite des plafonds réglementaires. Vous pouvez demander à consulter la délibération qui fixe votre régime indemnitaire : c’est un document public.
Notre lecture
Ces chiffres datent de 2024. Depuis, le point d’indice est resté gelé et le SMIC a continué de monter. L’écart avec le salaire minimum s’est encore réduit pour une grande partie des agents C, comme nous l’expliquions dans notre article sur la smicardisation de la territoriale.
Le rapport le note lui-même : en 2024, l’État a pris des mesures pour ses enseignants, ses policiers, ses agents de la justice. Pour la territoriale, aucune mesure catégorielle spécifique significative. On ne réglera pas l’écart avec des primes au cas par cas. Il faut revaloriser les grilles de catégorie C, reconnaître enfin certains métiers en catégorie B, et dégeler le point. Ce sont nos revendications, et ce rapport officiel montre pourquoi elles sont urgentes.