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FICHE PRATIQUE

Calcul de la pension de retraite

Vous approchez de l’âge de la retraite et vous vous demandez combien vous allez toucher ? Le calcul de la pension dans la Fonction Publique Territoriale (caisse CNRACL) repose sur des règles très différentes de celles du secteur privé. Ici, on ne prend pas en compte vos « 25 meilleures années ». Tout se joue sur la règle des 6 derniers mois et sur votre nombre de trimestres. Qu’est-ce que le taux plein à 75% ? Quel est l’impact désastreux de la décote ? Et surtout, pourquoi vos primes (RIFSEEP) ne comptent-elles pas dans ce calcul ? La FSU Territoriale 62 décrypte pour vous la formule magique de votre future pension.

La formule de calcul de la CNRACL

La formule officielle de votre pension de retraite de base s’établit ainsi :

Traitement Indiciaire Brut × 75 % × (Trimestres validés / Trimestres requis)

1. Le salaire de référence : La « Règle des 6 mois »

Dans la Fonction Publique, la retraite n’est pas calculée sur la moyenne de votre carrière. Elle est calculée uniquement sur le dernier Traitement Indiciaire Brut (votre salaire de base hors primes) correspondant à l’indice de votre grade et de votre échelon.

Mais attention à la règle d’or : Vous devez avoir détenu cet échelon pendant au moins 6 mois effectifs avant la date de votre départ.

Exemple FSU 62 : Si vous passez à un échelon supérieur le 1er janvier et que vous partez à la retraite le 1er mai (soit 4 mois plus tard), votre pension ne sera pas calculée sur ce nouvel échelon, mais sur l’ancien ! Vous perdrez le bénéfice de cet avancement pour le reste de votre vie. Si c’est votre cas, repoussez votre date de départ de 2 mois !

2. Le Taux Plein à 75 %

Le taux maximum (le « taux plein ») que vous pouvez obtenir est de 75 % de votre traitement brut (hors primes).

Pour l’obtenir, il faut avoir validé le nombre de trimestres exigé pour votre génération. Par exemple, pour les agents nés en 1965 et après, il faut réunir 172 trimestres (soit 43 ans de cotisation) pour avoir le taux plein.

Le minimum garanti : le filet de sécurité

Si le calcul aboutit à une pension très faible (carrière courte, petits indices), la CNRACL applique un minimum garanti. Il est calculé à partir de l’indice majoré 227 et d’un barème progressif selon vos années de services (57,5 % à 15 ans, majoré ensuite jusqu’à 100 % à 40 ans). Au 1er janvier 2026, son montant maximal est d’environ 1 366 € brut par mois (soit 16 396 € par an). Attention : depuis la réforme de 2023, son bénéfice à taux plein est soumis à conditions (avoir atteint l’âge d’annulation de la décote ou la durée d’assurance requise).

La réalité : Le problème des primes non comptabilisées

La FSU 62 le dénonce constamment : la baisse brutale de vos revenus à la retraite s’explique par la non-intégration de vos primes dans le calcul de la pension principale.

Le RIFSEEP (IFSE et CIA), l’Indemnité de résidence, ou encore les primes de dimanche ne rentrent absolument pas dans la formule des 75% de la CNRACL. Étant donné que pour certains agents (Catégorie A et B notamment), les primes représentent jusqu’à 30% du salaire mensuel, la perte sèche est énorme.

Note : vos primes (dans la limite de 20 % du traitement) sont soumises à une cotisation de 5 % à votre charge au titre de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP), complétée par 5 % versés par l’employeur. Cette retraite complémentaire par points — versée en capital ou en rente selon son montant — reste modeste et ne compense jamais la perte liée à la non-prise en compte des primes dans la pension principale.

Décote et Surcote : Les ajustements

La Décote (La sanction financière)

Si vous décidez de partir à l’âge légal (ex: 64 ans) mais qu’il vous manque des trimestres (ex: vous n’en avez que 160 au lieu de 172), vous subirez une décote.

Votre pension sera amputée d’une pénalité de 1,25 % par trimestre manquant. Cette décote s’applique à vie ! Pour l’éviter, l’unique solution est de travailler jusqu’à l’âge d’annulation de la décote (67 ans pour la catégorie sédentaire, 62 ans pour la catégorie active).

La Surcote (Le bonus)

À l’inverse, si vous avez atteint l’âge légal ET que vous avez déjà tous vos trimestres (ex: 172 trimestres), mais que vous décidez de continuer à travailler, vous bénéficiez d’une surcote.

Chaque trimestre supplémentaire accompli majorera définitivement votre pension de 1,25 %.

Foire Aux Questions (FAQ)

Le Temps Partiel réduit-il ma retraite ?

Oui et non. Le temps partiel « pour convenance personnelle » valide bien 4 trimestres par an pour le droit au taux plein (le nombre de trimestres), mais il réduit le montant financier de votre pension. En effet, l’administration va proratiser votre pension en fonction du temps réellement cotisé.

Exception : Le temps partiel thérapeutique (TPT) est totalement neutre et compte comme du temps plein pour le calcul de votre retraite.

La NBI compte-t-elle pour ma retraite ?

Oui ! C’est la seule grande exception concernant les primes. La Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI) fait l’objet d’une cotisation spécifique. Lors de votre départ, la CNRACL calculera un « supplément de pension au titre de la NBI », qui viendra s’ajouter à votre retraite de base.