FICHE PRATIQUE
Net à payer, net imposable, net social : les trois « nets » de votre bulletin
En bas de votre bulletin, plusieurs montants portent le mot « net ». Ils sont différents, et c’est normal. Chacun répond à une question : ce que vous touchez, ce qui sert à calculer votre impôt, ce que la CAF ou la MSA regarde. Cette page explique d’où vient chaque montant, à quoi il sert et ce qu’il faut regarder.
Les chiffres sont ceux de 2026, relevés le 11 octobre 2026. L’exemple est un agent fictif. Le vérificateur de paie de ce site contrôle une partie de ces montants, comme dit plus bas.
En trois lignes : à quoi sert chaque montant
- Le net à payer est la somme virée sur votre compte. Vous le comparez à votre virement.
- Le net imposable est le revenu du mois retenu pour calculer votre impôt. Son total de l’année sert à préremplir votre déclaration de revenus.
- Le montant net social est le revenu que la CAF ou la MSA retient pour la prime d’activité et le RSA.
Un quatrième montant figure souvent juste au-dessus du net à payer : le net à payer avant impôt. C’est une étape du calcul : ce que vous toucheriez sans prélèvement à la source. Il vous sert à comparer deux mois sans l’effet de l’impôt. Cette page l’explique avec le net à payer.
Aucun modèle de bulletin n’est fixé par un texte pour les agents publics. Les mots changent selon le logiciel de paie. Vous pouvez voir « net payé », « net avant prélèvement à la source » ou « net fiscal » (le net imposable).
Le net à payer, et le net à payer avant impôt
- Où le trouver : tout en bas du bulletin. Souvent, deux lignes se suivent : le net à payer avant impôt, puis le net à payer.
- Comment il se construit : le net à payer avant impôt est le brut plus les autres versements, moins les retenues placées avant la ligne d’impôt. Le net à payer est ce montant moins le prélèvement à la source.
- Les retenues : les cotisations de retraite, la CSG et la CRDS. Y figurent aussi, quand elles passent par la paie, votre cotisation de mutuelle ou de prévoyance et votre part des titres-restaurant.
- Les autres versements : par exemple le remboursement d’une partie de votre abonnement de transport, ou des remboursements de frais.
- À quoi il sert : à vérifier votre virement. Une banque ou un bailleur vous demande un montant précis : donnez celui qu’il demande.
- Le piège : selon le logiciel, une saisie, un acompte ou le remboursement d’une somme payée en trop peuvent être retirés après la ligne « avant impôt ». Le net à payer est alors plus bas que « net avant impôt moins impôt ». Ce n’est pas forcément une erreur. Chaque somme n’est retirée qu’une fois.
Une seconde ligne d’impôt peut corriger un mois précédent. Le net à payer en tient alors compte.
Le net imposable
- Où le trouver : en général sur une ligne du bulletin, souvent avec un cumul depuis le début de l’année.
- Comment il se construit : on part du brut et des avantages. On retire les cotisations que la loi permet de déduire : les cotisations de retraite et la CSG déductible, à 6,8 %.
- Les cotisations de retraite : la CNRACL et la RAFP pour un fonctionnaire. L’assurance vieillesse et l’Ircantec pour un contractuel.
- Un repère, pour un bulletin simple : net imposable = brut imposable − cotisations de retraite − CSG déductible. Les 6,8 % se calculent sur la base de la CSG, pas sur le brut.
- À quoi il sert : de base au prélèvement à la source. Son total de l’année sert à préremplir votre déclaration de revenus. Vérifiez-le au moment de déclarer.
- Le piège : ne le confondez pas avec ce que vous touchez. Il est en général plus élevé que le net à payer, sans que ce soit une erreur.
Le montant net social
- Où le trouver : sur une ligne intitulée « montant net social ». Il figure sur les bulletins des agents publics depuis la fin de 2023 ou le début de 2024, selon les employeurs.
- Comment il se construit, dans un cas simple : on prend tout ce que l’employeur verse pour le travail, en brut. On retire les cotisations obligatoires de l’agent, CSG et CRDS comprises.
- Ce qui compte dans le brut : le traitement, les primes, le supplément familial, les heures supplémentaires et les avantages en nature.
- L’impôt n’en est pas retiré. Le montant net social ne dépend pas de votre taux de prélèvement à la source.
- Il n’est ni versé ni retenu. Il n’ajoute ni ne retire rien à votre paie.
- À quoi il sert : la CAF ou la MSA l’utilise pour la prime d’activité et le RSA. Elle tient compte aussi des autres ressources de votre foyer.
- Le piège : il suit le mois du versement. Un rappel payé ce mois-ci pour un mois passé compte dans le montant net social de ce mois-ci.
La déclaration trimestrielle de ressources en est préremplie : depuis le 1er mars 2025 à la CAF, depuis le 1er juillet 2025 à la MSA. Relisez-la, validez-la et complétez-la si vous avez d’autres ressources.
La prime d’activité n’est pas réservée au privé. Un fonctionnaire ou un contractuel peut y avoir droit, selon ses revenus et son foyer. La page sur la prime d’activité l’explique.
Ce qui le sépare du net à payer avant impôt. Les remboursements de frais professionnels, dont celui du trajet domicile-travail, n’y entrent pas, dans leurs limites d’exonération. Votre part des titres-restaurant et une saisie sur salaire n’en sont pas retirées. Sur un bulletin simple, sans ces lignes, sans mutuelle ni prévoyance et sans avantage en nature, les deux montants peuvent être égaux.
Si une mutuelle ou une prévoyance passe par votre paie, votre montant net social peut s’écarter du net à payer avant impôt. Sur des bulletins que nous avons vus, avec une mutuelle à adhésion facultative, la cotisation de l’agent n’était pas retirée du montant net social. La participation de l’employeur, elle, y était comptée. C’est un constat, pas une règle générale.
Pourquoi le net imposable dépasse souvent le net à payer
Le net imposable est en général plus élevé que ce que vous touchez. Plusieurs raisons peuvent s’ajouter.
- La CSG non déductible et la CRDS. Elles sont retirées de votre paie, mais elles restent comptées dans le net imposable. La CSG non déductible est de 2,4 %, la CRDS de 0,5 %. Cela représente près de 3 % du brut.
- La mutuelle santé payée par l’employeur. Quand elle existe, la part payée par votre employeur pour votre mutuelle santé s’ajoute à votre net imposable.
- Des retenues non déductibles de l’impôt. C’est le cas de votre part des titres-restaurant, d’une saisie ou d’un acompte. La cotisation à une mutuelle que vous avez souscrite à titre individuel ne réduit pas non plus votre net imposable.
- Un avantage en nature. Un logement, un repas ou un véhicule est imposable sans être versé en argent.
Dans un contrat collectif auquel l’adhésion est obligatoire, la cotisation de mutuelle peut être déductible, sous conditions.
L’écart peut aussi se réduire, voire s’inverser. Les remboursements de frais, comme la prise en charge de l’abonnement de transport, vous sont versés. Dans les limites prévues par les textes, ils ne comptent ni dans le net imposable ni dans le montant net social. Les heures supplémentaires peuvent être exonérées d’impôt, sous conditions et dans la limite de 7 500 € par an. Elles augmentent alors le net à payer sans augmenter le net imposable. La page sur les heures supplémentaires détaille leur paiement.
Un exemple : Élodie, du brut aux quatre montants
Élodie est un agent fictif. Elle est adjointe administrative territoriale (catégorie C), fonctionnaire à temps complet, affiliée à la CNRACL. Son indice majoré est 380 et son IFSE est de 200,00 € par mois. Le mois est octobre 2026.
Elle n’a ni NBI, ni indemnité de résidence, ni supplément familial, ni heures supplémentaires. Elle n’a ni mutuelle ni prévoyance sur sa paie, et aucun avantage en nature. Son employeur ne participe à aucune mutuelle ni prévoyance.
Pour que les montants soient tous différents, on ajoute deux lignes. Un remboursement de 30,00 € d’une partie de son abonnement de transport. Et sa part des titres-restaurant, 80,00 € : toutes les collectivités n’en proposent pas.
Pour l’exemple, 20 titres de 8,00 € sont payés pour moitié par l’employeur, soit 4,00 € par titre pour elle. On suppose que le transport et la part de l’employeur respectent les conditions d’exonération. Les 4,00 € et les 30,00 € sont des chiffres d’exemple.
L’exemple est simplifié. Il ne montre pas la retenue du transfert primes/points. Le taux d’impôt de 2 % est choisi pour l’exemple : ce n’est ni un taux réel, ni celui de la grille nationale.
Le haut du bulletin. Le traitement indiciaire est 380 × 5 907,34 ÷ 1 200 = 1 870,6577, coupé après le centime : 1 870,65 €. Avec l’IFSE de 200,00 €, le brut est de 2 070,65 €. La base de la CSG et de la CRDS est de 2 070,65 € × 98,25 % = 2 034,41 €. Le transport et les titres-restaurant n’y entrent pas.
| Cotisation | Base | Taux | Retenue | Déductible de l’impôt ? |
|---|---|---|---|---|
| Retenue pour pension (CNRACL) | 1 870,65 € | 11,10 % | 207,64 € | oui |
| Retraite additionnelle (RAFP) | 200,00 € | 5 % | 10,00 € | oui |
| CSG déductible | 2 034,41 € | 6,8 % | 138,34 € | oui |
| CSG non déductible | 2 034,41 € | 2,4 % | 48,83 € | non |
| CRDS | 2 034,41 € | 0,5 % | 10,17 € | non |
| Total des cotisations | 414,98 € | 355,98 € déductibles, 59,00 € non déductibles |
Le détail de ces cotisations est sur la page comprendre les cotisations du bulletin. Voici maintenant les montants du bas, à partir du brut de 2 070,65 €.
| Montant | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Montant net social | brut moins toutes les cotisations : 2 070,65 − 414,98 | 1 655,67 € |
| Net imposable | brut moins les cotisations déductibles : 2 070,65 − 207,64 − 10,00 − 138,34 | 1 714,67 € |
| Net à payer avant impôt | brut, plus le transport, moins les cotisations, moins les titres-restaurant : 2 070,65 + 30,00 − 414,98 − 80,00 | 1 605,67 € |
| Prélèvement à la source | net imposable × taux de l’exemple : 1 714,67 × 2 % = 34,2934 | 34,29 € |
| Net à payer (viré sur le compte) | net avant impôt moins impôt : 1 605,67 − 34,29 | 1 571,38 € |
Un logiciel de paie peut différer d’un centime, selon sa façon d’arrondir.
Comment lire ces écarts.
- Net imposable moins net à payer avant impôt : 109,00 €. Il y a 59,00 € de CSG non déductible et de CRDS (48,83 + 10,17). Il y a 80,00 € de titres-restaurant, retirés de la paie mais pas du revenu imposable. Le remboursement de transport, versé mais non imposable, retire 30,00 €. Le compte est : 59,00 + 80,00 − 30,00 = 109,00 €.
- Montant net social moins net à payer avant impôt : 50,00 €. Les 80,00 € de titres-restaurant ne sont pas retirés du montant net social. Les 30,00 € de transport n’y entrent pas. Le compte est : 80,00 − 30,00 = 50,00 €.
- Net imposable moins montant net social : 59,00 €. C’est la CSG non déductible et la CRDS.
Qui reçoit quel montant ? À la CAF, Élodie déclare 1 655,67 € (le montant net social). Aux impôts, elle n’a rien à donner chaque mois. Le total de l’année de son net imposable sert à préremplir sa déclaration. À sa banque, elle donne le montant demandé : net à payer avant impôt ou net à payer.
Pour un contractuel, les cotisations de retraite ne sont pas les mêmes, mais le raisonnement est identique. Au même brut et sans les deux lignes ajoutées, le montant net social et le net à payer avant impôt seraient de 1 663,35 €. Le net imposable serait de 1 722,35 €.
Faites le calcul avec vos chiffres
Cet outil part de votre brut et donne les trois nets. C’est un repère, pas un contrôle. Rien n’est envoyé ni gardé : le calcul se fait sur votre appareil.
Du brut aux nets : mes retenues et mes trois nets
Les retenues d’un mois, le montant net social, le net imposable et le net à payer, pour les deux statuts
Répondez aux deux questions et indiquez votre traitement : les retenues s’affichent ici.
Ce que cet outil ne compte pas
- La mutuelle et la prévoyance : ni votre cotisation, ni la part payée par votre employeur. Elles peuvent écarter vos nets de ce calcul.
- La surcotisation pour la retraite, à temps partiel ou à temps non complet.
- L’impôt retenu à la source, si vous ne saisissez pas votre taux. L’outil ne connaît pas votre taux.
- Les sommes que votre logiciel de paie retire après la ligne d’impôt, comme une saisie ou un acompte : votre net à payer est alors plus bas.
- Les heures supplémentaires, qui peuvent être exonérées d’impôt, et les avantages en nature.
- La limite de la retraite additionnelle, qui se calcule sur l’année. L’outil compte toute la base du mois.
- L’indemnité de feu des sapeurs-pompiers et le complément de traitement indiciaire (CTI).
- Les retenues d’un contractuel qui n’est pas à temps plein, ou pas payé tout le mois.
- Les absences, les jours non payés, les rappels et les régularisations.
Votre bulletin peut donc porter d’autres lignes. Un délégué FSU peut regarder avec vous.
C’est un repère, pas un contrôle de votre paie. Les montants peuvent différer d’un centime selon le logiciel de paie.
Le service de paie peut vous donner une explication. La FSU peut vous donner la règle. Contacter un délégué FSU
Aucune réponse n’est envoyée ni conservée. Le calcul se fait sur votre appareil.
Et le prélèvement à la source ?
Le prélèvement à la source est votre impôt sur le revenu. Votre employeur le retient chaque mois sur votre paie et le reverse aux impôts. Ce n’est pas une cotisation. Il se calcule en principe en multipliant le net imposable du mois par un taux.
Ce que l’outil contrôle, et ce qu’il ne contrôle pas
Le vérificateur de paie « Ma Paie en Clair » refait deux opérations. Il refait la multiplication base × taux pour l’impôt, à un centime près. Il refait aussi la soustraction net à payer avant impôt moins impôt, pour le net à payer.
Il lit le net à payer avant impôt et le montant net social, sans les recalculer. Il ne lit pas le net imposable. Il ne vérifie ni votre taux d’impôt ni la base de l’impôt.
Si le compte du net à payer ne tombe pas juste, l’outil n’annonce pas d’écart : une saisie ou un acompte peut l’expliquer. Le montant reste alors « lu, non vérifié ».
Un écart vous surprend : que faire ?
Premier geste : montrez votre bulletin à un délégué FSU. Contactez la FSU Territoriale 62.
Le service de paie peut vous donner une explication. La FSU peut vous donner la règle. Et la règle n’est pas toujours bien appliquée.
Un délégué connaît les textes. Il peut les comparer avec ce qui vous a été versé.
Regardez aussi ce qui peut expliquer l’écart : titres-restaurant, mutuelle, remboursement de transport, saisie, acompte, rappel. Un écart entre deux « nets » n’est pas, à lui seul, une erreur.
Vous pouvez aussi écrire au service de paie, après avoir pris conseil. Demandez une explication écrite, par exemple :
Bonjour, je ne comprends pas l’écart entre les montants « nets » de mon bulletin de [mois]. Pouvez-vous m’indiquer par écrit comment sont calculés mon net imposable et mon montant net social ? Je vous en remercie.
Pour refaire d’un coup les calculs des principales lignes, essayez le vérificateur de paie. Pour comprendre chaque ligne, lisez comprendre son bulletin de paie.
Les textes de référence
- Code de la sécurité sociale, article R. 844-1, II (montant net social), version en vigueur depuis le 27 juin 2026.
- Code de l’action sociale et des familles, article R. 262-12, II (revenus pris en compte pour le RSA), version en vigueur depuis le 27 juin 2026.
- Code du travail, article R. 3243-1 (bulletin des salariés, que les employeurs publics suivent par recommandation), version en vigueur depuis le 1er janvier 2024.
- Code général des impôts, article 83 (cotisations déductibles), version en vigueur depuis le 1er juillet 2026.
- Code général des impôts, article 154 quinquies (CSG déductible à hauteur de 6,8 points).
- Code général des impôts, article 81 quater (heures supplémentaires, limite de 7 500 € par an).
- Code général des impôts, article 81 (frais d’emploi, abonnement de transport), version en vigueur du 19 août 2026 au 1er janvier 2029.
- Code général des impôts, prélèvement à la source : article 204 A, article 204 F (base) et article 204 H (taux).
- Code de la sécurité sociale, article L. 241-17, III, 1° (heures supplémentaires des agents publics).
- service-public.gouv.fr, fiches F34231 (fiche de paie dans la fonction publique), F34009 (prélèvement à la source), F2971 (CSG et CRDS), F2882 (prime d’activité) et F19778 (RSA).
- Bulletin officiel de la sécurité sociale, rubrique « Montant net social » : précisions de l’administration, écrites pour les salariés, lues le 11 octobre 2026.
- Bulletin officiel des finances publiques, BOI-IR-PAS-20-10-10 (base de la retenue à la source).